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JOHANNE DEFAY : l’âme d’une championne olympique

  • 31 mars
  • 3 min de lecture

Une carrure d’athlète, un sourire franc et ce regard tourné vers l’horizon : elle me rejoint sur la plage de Trois Bassins, à La Réunion. Elle scrute les vagues, attentive à leur formation. « Ce n’est pas un grand jour », dit-elle en observant le spot.


Autour d’elle, les surfeurs la saluent d’un signe respectueux. Un jeune homme la croise et la remercie pour une planche que Johanne lui a prêtée. En quelques minutes, on comprend que le personnage ne laisse personne indifférent. Partons sous les tropiques 974 !



Peux-tu nous raconter ton parcours vers le surf professionnel ?

J’ai commencé à surfer à l’âge de 8 ans sur l’île de La Réunion, après que mes parents m’ont inscrite dans un club local. Très vite, j’ai enchaîné les compétitions juniors, puis j’ai intégré le World Surf League Championship Tour, l’élite mondiale du surf, en 2014.


Ton palmarès est impressionnant. Quels sont les moments mémorables ?

Rien ne m’a autant marquée que ma médaille de bronze aux Jeux Olympiques d’été de 2024, une première pour la France dans cette discipline. Avant cela, j’ai remporté bons nombres d’épreuves du Championship Tour : l’US Open of Surfing (2015), le Fiji Women’s Pro (2016), Uluwatu (2018), le Surf Ranch Pro (2021), le Pro G-Land (2022) et le Rip Curl Pro Portugal (2024).


Parmi toutes ces compétitions, quelles vagues t’ont le plus inspirée ?

Chaque vague a sa personnalité. J’ai apprisla puissance des gauches de reef*. Aux Fidji, les conditions parfois explosives des reef breaks m’ont poussée à me surpasser. Teahupo’o, à Tahiti, aux Jeux olympiques a été une expérience unique, même si la vague est redoutable. Et bien sûr la Gravière à Hossegor !



* Les gauches de reef sont donc des vagues qui déroulent vers la gauche au-dessus d’un fond rocheux ou corallien. Ce sont généralement des vagues puissantes, creuses, très techniques et souvent dangereuses — très recherchées par les surfeurs de haut niveau


Devenir maman, c’est un nouveau challenge et peut être le plus prestigieux "




Comment s’est construit ton lien avec les Landes ?

Quand je suis en métropole, j’adore venir surfer dans les Landes, notamment autour d’Hossegor. J’y ai passé des saisons d’entraînement et participé à de nombreux événements. J’ai récemment ouvert un surf lodge avec une salle de sport et un espace bien-être (sauna, bain froid et piscine), pour des événements sportifs outdoor : surf, trail, bike, etc, à Seignosse, là-bas j’y trouve une nature pure etles grands espaces de liberté.


Et récemment, tu as annoncé un changement de cap personnel...

Oui, après une saison 2024 intense, j’ai choisi de faire une pause pour vivre la maternité et fonder une famille. Cette décision me permet de concilier mes ambitions sportives avec mon rôle de maman, un défi que je souhaite relever pleinement avant de revenir à la compétition.


En tant que maman, comment envisages-tu ton retour sur le World Tour ?

Être maman ne signifie pas la fin d’une carrière sportive. J’envisage un retour à la compétition en 2027, après une année 2026 consacrée aux Challenger Series, avec des étapes en Afrique du Sud, en Californie, au Brésil et au Portugal...

De quoi goûter aux océans du monde !


“ Les landais sont des personnes qui respectent leur terre "


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Propos recueillis par Renan Mazéas,

notre chroniqueur actuellement sur l’île de la Réunion


Photos Simon Paillard, Melanie Prunier, Laura Boil

 
 
 

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