Kauli Vaast, l'enfant de la vague, raconte sa première saison dans l'élite mondiale
Kauli Vaast raconte à Pat Beven sa première année dans l'élite mondiale, avec une décontraction qui donnerait presque envie de croire que c'est facile. Interview à la mi-parcours de sa première saison sur le Championship Tour, le circuit des 36 meilleurs surfeurs du monde.
Intégrer l'élite mondiale

Pat Beven : Qu'est-ce que ça t'a fait d'intégrer l'élite mondiale ?
Kauli Vaast : Pour me qualifier, j'ai dû passer par beaucoup de processus. C'est allé assez vite : il y a eu la qualification pour les JO, il y a eu les JO, il y a eu l'après-JO pendant six mois. Après, je me suis mis focus et j'ai réussi à faire le tour des Challenger Series l'année dernière, et à me qualifier dans le Tour.
Et là, je suis à la moitié de ma première année sur le Tour. Faire partie de l'élite mondiale avec tous les meilleurs surfeurs mondiaux… Pour l'instant, je suis 14e mondial, donc tout se passe bien. Je suis super content de mes résultats. Deux, trois fois, ça aurait pu aller beaucoup plus loin, mais voilà, c'est comme ça : on apprend, on progresse et on ne lâche rien.

« On veut toujours faire mieux »
Es-tu content de tes résultats ?
Je suis super content de mes résultats. Des fois, c'est très frustrant de perdre rapidement dans le Tour, surtout sur des compétitions et des destinations que j'aime particulièrement. Mais c'est comme ça. On veut toujours faire mieux, donc on continue de progresser.
Quels sont tes objectifs pour cette saison ?
Je pense que l'objectif principal cette année, c'est de faire Rookie of the Year. On va essayer de tout donner, c'est une année importante, c'est ma première année sur le Tour. C'est pour annoncer la couleur aussi : j'avais envie de me qualifier, j'avais envie de faire partie de l'élite mondiale. Pour l'instant c'est un bon début, je suis content. On peut mieux faire, donc on va s'entraîner et ne rien lâcher pour aller chercher la meilleure version de moi-même, de mes résultats, de mon surf.
Keep pushing, et en apprendre toujours. Rester sur le Tour, apprendre, beaucoup apprendre, retenir, et à chaque fois essayer de faire de mieux en mieux.
Aelan et Naiki, « on est la meilleure équipe »

Ton frère et ta sœur surfent aussi. Comment ça se passe pour eux ?
Je suis super fier de mes frère et sœur. Aelan, elle continue l'école, c'est la seule qui a continué plus loin que le bac. Maintenant, il y a Naiki aussi. Ils font tous les deux école de commerce à Bayonne. Aelan vient de finir son bachelor, trois années, et elle a envie de poursuivre en master. Et en même temps, l'année dernière, malgré ses cours, elle a quand même réussi à se qualifier avec juste trois places pour aller dans les Challenger Series. Elle a fini troisième, super résultat.
Et Naiki, étudiant, école de commerce, il vient de passer sa première année. Lui, c'est un surfeur de gros, surtout à la maison à Tahiti, et il adore ça. Ils ont eu d'énormes vagues l'année dernière tous les deux. On va continuer à prendre des grosses vagues ensemble. On est la meilleure équipe.

La maison, c'est Tahiti
Et la prochaine compétition ?
C'est Tahiti. J'adore cet endroit, c'est la maison. Il n'y a rien de mieux que d'être à la maison. Donc oui, super excité de pouvoir être à la maison, d'essayer de bien faire. Et de toute façon, on va tout donner pour ne rien regretter. Après, il y a plein d'autres compétitions dans le reste de l'année qui s'annoncent incroyables : Fidji qui s'enchaîne après Tahiti. Hâte de découvrir ces nouveaux spots.

Depuis l'interview
La saison a continué. En août, Kauli Vaast a retrouvé Teahupo'o pour le Tahiti Pro, un an après l'or olympique conquis sur cette même vague, et s'y est incliné au troisième tour, 9e à domicile. Puis Cloudbreak, aux Fidji, lui a offert la vague de sa saison : un tube monumental noté 10 sur 10, le premier score parfait de sa carrière sur le circuit mondial.
Il a atteint les quarts de finale, où le triple champion du monde Gabriel Medina a mis fin à son parcours, et signe là sa quatrième cinquième place de l'année. Le voilà 11e mondial, meilleur Français du circuit et, de loin, le mieux classé des nouveaux venus. Sa fin de saison passe par la Californie, Abu Dhabi et le Portugal, avant le Pipe Masters à Hawaï en décembre. Son objectif de Rookie of the Year, lui, n'a pas bougé.
Palmarès
Né le 26 février 2002 à Vaira'o, Tahiti.
Champion olympique 2024, aux Jeux de Paris, sur la vague de Teahupo'o
Médaille de bronze aux ISA World Surfing Games 2024
Vainqueur de l'EDP Ericeira Pro, au Portugal, en 2025 (Challenger Series)
Vainqueur du TOA Pro, à Tahiti, en 2025
Vainqueur du Rip Curl Pro Search Taghazout Bay, au Maroc, en 2023
2e de l'Outerknown Tahiti Pro en 2022
Triple champion d'Europe junior WSL (2017, 2019, 2020)
Saison 2026
Sa première année sur le Championship Tour, le circuit des 36 meilleurs surfeurs du monde. Bells Beach (Australie) : 17e Margaret River (Australie) : 17e Gold Coast (Australie) : 5e Raglan (Nouvelle-Zélande) : 17e Punta Roca (Salvador) : 5e Saquarema (Brésil) : 5e Teahupo'o (Tahiti) : 9e Cloudbreak (Fidji) : 5e
Restent la Californie, Abu Dhabi, le Portugal, puis le Pipe Masters à Hawaï en décembre, où se jouera le titre mondial.
Merci à Patrick Beven d'avoir interviewé celui qu'il a vu grandir, et à Kauli Vaast d'avoir joué le jeu au milieu de sa première saison dans l'élite. Photos © Vincent Suky (@vinsky40).
Cet article est paru dans le Slowly Côte Sud des Landes n°46, à feuilleter en ligne.




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