JÉRÉMY FLORÈS à fleur d’eau...

Jérémy Florès vit entre Tahiti et Hossegor, il est l’un des plus grands surfeurs au monde, attention les yeux devant son palmarès !



Il intègre l'équipe France en 2000 et devient champion d'Europe junior au milieu de l'année 2005, il remporte le championnat du monde WQS en 2006 et termine 8e du WCT, l'élite du surf mondial en 2007, ce qui lui vaut le titre de Rookie of the year (meilleur débutant sur le tour). Il est le plus jeune surfeur de l'histoire à se qualifier pour l'élite mondiale WCT

Il élimine sur certaines épreuves des noms comme : Mick Fanning, Gabriel Médina ou encore... Kelly Slater ! Ce dernier dira d’ailleurs de lui pour ses 21 ans : "Jérémy surfe mieux que moi au même âge"


QUELQUES DATES : • 2015 : Vainqueur du Billabong Pro Tahiti à Teahupoo • 2017 : Vainqueur du Billabong Pipe Masters à Banzai Pipeline, sur le North Shore d'Oahu (Hawaï) • 2019 : Vainqueur du Quiksilver Pro France à Hossegor (France) • 2021 : JO de Tokyo


On ne compte pas toutes les compétitions où Jérémy arrive second ou troisième, une carrière remarquablement longue et florissante.


Renan Mazéas : Jérémy, raconte-nous d’où tu viens et le contexte familial que tu as connu. Jérémy Florès : C’est un minuscule caillou perdu l’océan indien : l’île de La Réunion qui m’a vu naître. Sur la côte ouest, il y a une petite plage prénommée Boucan Canot, quelques mètres de sable dans un cadre paradisiaque, c’est dans une rue derrière que j’ai vécu avec ma famille. Un père surfeur et rugbyman aux abords rudes et austères et une maman douce comme peuvent l’être les créoles des Mascareignes. C’était mon équilibre de petit garçon où j’ai évolué entre 3 et 7 ans, tourné vers le large, cet équilibre je vais très vite le trouver sur une planche...


Renan Mazéas : Ensuite Madagascar puis l’Australie ?

Jérémy Florès : Oui, on s’est échappé en famille de mes 7 à 10 ans au Sud Ouest de « Mada ». J’étais à l’eau tout le temps, un vrai poisson, mon père m’a poussé à progresser dans des vagues de plus en plus grosses. Ensuite, on a eu l’opportunité de partir vivre à Sydney, je vivais 6 mois en Australie et 6 mois à Capbreton où j’ai notamment rencontré Pierre Agnès qui m’a pris sous son aile.


Renan Mazéas : Comment as-tu vécu tout cela, était-ce une vie de garçon « normal » ? Jérémy Florès : Je vivais un rêve, j’avais des objectifs. Tu pars à travers le monde à l’âge 13 ou 14 ans, tu surfes à Hawaï, tu t’imprègnes de tellement de cultures, de langues, c’est un bagage pour la vie ! Néanmoins c’est beaucoup de sacrifices pour arriver à un niveau international. Je n’allais pas à l’école, mes cours se faisaient par correspondance, j’avais des potes mais je ne les voyais que par intermittence, ma vie était parfois ... houleuse. Je ne regrette rien évidemment.

Renan Mazéas : Le meilleur endroit au monde, ce sont quand même Les Landes non ?

Jérémy Florès : J’adore Les Landes et le Pays basque, ce n’est pas un hasard si je vis ici plusieurs mois dans l’année ! Il existe beaucoup de similitudes, de valeurs communes avec mon île, La Réunion. Et puis c’est un terrain de jeu fantastique, il y a des pics partout, c’est un des meilleurs Beach-Break au monde, une diversité de plages et des forêts très préservées, tu sais, j’en ai vu des endroits magnifiques dans le monde mais ce petit coin, je l’aime par-dessus tout.


Renan Mazéas : En dehors du surf, tu as d’autres passions ?

Jérémy Florès : Je pratique la plongée, la pêche aussi pour le côté marin. J’ai aussi fait du jujitsu brésilien avec des amis, j’ai d’ailleurs créé un petit centre sportif à Saubion où on peut s’entrainer, il y a une rampe de skate aussi pour les jeunes qui veulent bosser leur technique, les manœuvres aériennes de plus en plus présentes dans le surf.


Renan Mazéas : Question environnement : Que ressens-tu aujourd’hui et à quel niveau es-tu impliqué ?

Jérémy Florès : Je constate que nous sommes certainement de plus en plus sensibles aux problèmes qui touchent la planète mais l’homme reste beaucoup trop gourmand. En France, nous sommes sur la bonne voie, on peut aussi s’inspirer de très bonnes actions menées par exemple en Australie au niveau de la préservation de l’océan. En revanche, j’ai été déçu par certaines ONG dans lesquelles j’ai été impliqué, je préfère interagir sur mes réseaux sociaux. Si je peux davantage utiliser mon image pour défendre des causes à l’avenir, je le ferai.


Renan Mazéas : Dans le cadre des Jeux Olympiques 2024, les épreuves de surf se dérouleront du 27 au 30 juillet à Teahupoo, Tu y seras ?

Jérémy Florès : Au vu du système de sélection, ça va être très compliqué. En effet il faut faire être intégré au classement mondial et cela fait un an que je n’en fais plus partie.

PORTRAIT CHINOIS Si tu étais une vague ? Pipeline à Hawaï, une droite et une gauche parfaites, ça pique ! Un artiste ? Ben Harper Un plat ? Le rougail saucisse bien sûr ! Un animal ? Un dauphin Un paysage perdu ? Une île du pacifique Un autre surfeur ? Andy Irons Un autre homme ? Un chanteur à succès pour transmettre des messages Une femme ? Une des femmes qui m’entourent désormais